City of Quartz m'avait
interpellé à sa sortie. Choisir pour titre d'album le nom de
l'ouvrage de Mike Davies -sur la ségrégation spatiale et le
tout-sécuritaire de la ville contemporaine à travers l'exemple de
Los Angeles-, cela ne pouvait sembler que prometteur. A l'écoute
pourtant, rien à en tirer pour ma part: un punk-hardcore froid et
surproduit, empilant tout les codes du genre. Une machine de guerre
lisse et propre semblable à toutes les autres machines de guerre de
la nouvelle scène hardcore. Une abrupte dichotomie entre un discours
fortement revendicatif et une modalité de fonctionnement à la
conquête de la sphère spectaculturelle -grosse production, facebook
et tout l'arsenal habituel- aux antipodes de leur idéologie portée
en blason. En définitive, une bonne déception, immédiate. Et puis
récemment, un concert me donne l'occasion de redécouvrir le groupe.
Entre temps, les manceaux ont changé de chanteur et de bassiste (et
de batteur?) et ont redéfinit leur spectre musical. Nine Eleven se
veut plus dark et rôde d'avantage vers le post-hardcore avec des
prises de vitesse à la Cursed. Et en live, une attitude totalement
honnête et passionnée et un set impeccable. Nine Eleven n'en finit
pas pour autant avec son goût pour les codes et les banalités, des
plans un peu grossiers (la première partie de Face the Triangle par
exemple, assez pompeuse, pourtant sauvée par la suite plus posée
mais magnifiquement tendue). 24 Years possède en revanche de
nombreux moments de pur bonheur et la production est beaucoup moins
connotée et plus vivante que précédemment. Le nouveau chant est
pour beaucoup dans le renouveau salutaire de Nine Eleven, moins sec,
plus habité et chargé émotionnellement. Et en prime un bel objet,
même si là encore pas d'étonnements sur un artwork composé de
peintures de "maîtres" pour la version vinyle: un Caravage
et la fameuse vanité de Philippe de Champaigne. En espérant que ce
nouveau line-up se stabilise un peu et poursuive ce qu'il vient
d'entamer.
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vendredi 11 avril 2014
jeudi 14 février 2013
V/A - Du son pour la ZAD
Du côté
des Cévennes, plus précisément chez les Marilyn Rambo, on a pris
l'initiative de sortir une compilation de soutien pour la ZAD
regroupant des groupes issus de plusieurs horizons (scènes DIY, punk
et "alternatives") et des quatre coins de l'hexagone. Les
compilations, ce n'est pas trop mon truc, mais quand on fait l'effort
de concocter un joli petit CD sérigraphié et de surcroit pour une
bonne cause, je me dis que je vais me forcer un peu. Pour ce qui est
du contenu, Du son pour la ZAD réussit tout de même à rassembler
pas mal de groupes différents sans souffrir d'un effet d'incohérence
et de dispersion totale. Bon, en effet on retrouve pas mal de choses
que l'on connait déjà, notamment chez les grosses pointures
(Marvin, Papaye, Le Singe Blanc) mais également (du moins pour ma
part) quelques découvertes (Vitas Gérolaitais, Paul Démon, Besoin
Dead). Pour ce qui est du meilleur, je vous fait part de mon Top 7:
Les Louise Mitchels et leur ligne de basse vengeresse, Télé Détente
et son grand n'importe quoi cheaperesque, Marilyn Rambo et Papaye
même si on les a déjà assez entendu, Direction Survet et son
synthé de Télétubbies, Grand Prédateur qui fait toujours aussi
peur et Llamama La Muerte complétement obnubilant. Et pour les
chanceux.ses, vous découvrirez une surprise en piste cachée servie
par Flo Mekouyanski! Hahaha....yeah...Grenoble Represent.
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jeudi 5 juillet 2012
Les Profs de Skids & Sea Sick Six - Split
Le surf n'est pas un
style qui renvoie forcément à des choses bien glorieuses: le sable,
le soleil, les filles en bikini, les grosses cylindrées et les
planches. Le surf ne renvoie pas forcément à des choses bien
glorieuses, sauf quand on prends soin d'évacuer toute cette
esthétique bancale pour ne garder que ce qui est réellement fun
dans cette histoire: les tremolos sous réverb' et les "poum
tchak tchak poum tchak". Le surfer blond et bronzé, lui, il
vient de se ramasser une grosse vague sur le coin de la tronche et
comme Christopher Steeve, c'est de son fauteuil sur lequel il restera
cadenassé jusqu'à la fin de ses jours qu'il va regarder les vagues,
une larme à l'oeil. Premier côté: Les Profs de Skids. Tout compte
fait, c'était peut-être plutôt une avalanche, la poudreuse plutôt
que l'écume pour nous fouetter le visage. Le surf des grenoblois est
assez "traditionnel", avec toutefois un penchant affirmé
pour les riffs qui groovent et une énergie incontrôlable. Bref, du
surf qui pue vraiment le punk-rock. Tout est toujours aussi bien
foutu dans les chansons instrumentales du trio. On retrouve quelques
titres déjà présents sur une demo ou l'autre, et du second degré
jusque dans les titres des chansons, et Fujiyama s'est naturellement
transformé en Fukushima. Second côté: les toulousain.e.s de Sea
Sick 6. C'est un peu plus chaotique sur cette face: Surf from hell, et le
surf de papa on le détruit à coup de synthé démoniaque et de voix
plus ou moins criardes mais toujours ironiquement possédées. Des
samples apocalyptiques, une guitare dangereuse sous des effluves de
réverb': Sea Sick 6 est la B.O. d'une virée sur les ruines de ce
monde en perdition. A Toulouse, on n'a pas la plage, mais
on a la rage.
lundi 9 avril 2012
Marylin Rambo - Baleine à nourrir
Une question apparaît en filigrane derrière chaque titre de Baleine à nourrir. Marylin Rambo ne serait-il pas en fait un groupe tribute? Non pas un de ces groupes qui voue un culte à une figure mortuaire du panthéon du rock mais plutôt deux personnes qui se seraient retrouvées autour de leur passion commune pour un certain style et qui, avec pour unique motivation le plaisir le plus brut, auraient décidé de faire du math-rock à la manière de, quitte à ce que l'auditeur n'y entende que des références. Dans ma chronique de Skiez plus vite, le premier album de Marylin Rambo, j'ai à coup sûr du mentionner Don Caballero. Sur Kill All par exemple, on jurerait ouïr parfois du Dub Trio, à moins que ce ne soit plutôt du Keelhaul, connaissant l'aptitude du duo pour les jeux de mots et autres calembours sophistiqués. Je pourrais sortir ainsi des références à foison, mais Marylin Rambo n'est pas qu'un groupe de passionnés pour passionnés. Laissons une chance aux autres de découvrir la joie que peut procurer cet album. Baleine à nourrir est très cohérent et plus abouti que son prédécesseur; le duo cévenol semble avoir trouvé la juste balance entre les clins d'oeil jouissifs, hommages ludiques et une identité distinguée: Rock la poste est un super exemple des qualités imaginatives du groupe. Dans la famille du math-rock français à la Pneu, Papaye ou Room 204, Marylin Rambo serait le penchant métal. On ne lésine pas sur l'octaver (Fukushiblabla) et on construit des riffs heavy à mort (Tomate cerise), de quoi créer des failles spatio-temporelles pour ceux et celles qui adorent jouer de la guitare ou de la batterie dans le vide (ouais, le air machin), la langue coincée entre les dents. Et puis comme d'habitude, une éthique DIY, un album sorti grâce à Taenia Solium, Et mon cul c'est du tofu? et tant d'autres, et une belle pochette sérigraphiée au 103 à Grenoble (version CD et vinyle).
mercredi 7 septembre 2011
Monstre! - Inside Living Animals
On parle de l'artwork? On parle de l'artwork. Les Monstre! ont opté pour un cheap assumé. Quatre portraits sur la pochette, sorte de caricature de l'album Let it be. Le pif de l'un se retrouve sous le front de l'autre, la moustache du troisième avec les lunettes du quatrième. Saurez-vous trouver à travers les autres possibilités imprimées sur le dos de l'album les vrais visages des musiciens de Monstre!? Côté galette, Inside Living Animals contient son lot de bombes noisy funky. Mocking birds, Echoes of silver, Lions on my sweatshirt, Giorgio Armani Nejad au jeu de mot osé et The answer to your questions might be in Black Sabbath songs: tout autant de possibilités pour danser fiévreusement sur un sol crasseux. Pour faire court, Monstre! c'est Sonic Youth qui aurait décidé de faire un album disco. Le duo basse/batterie confesse son sens évident du groove. Les deux guitares s'approprient chacune leur propre terrain de jeux. Pendant que la première se cantonne à une mélodie simple, en note à note, mais plus efficace tu meurs, l'autre ammène de la texture, joue de sa réverb ou de son overdrive craspec. Au milieu de ce fun continu, seul Sudden beat of the sun apparaît comme un peu plus "déprimé". Plus chargé, avec un accord qui dure qui dure. Plus lourd aussi, presque hypnotique. Tout chez Monstre! est extrêment juste, extrêment bien pensé, extrêment bien fignolé. Les arrangements (les clappements sur Lions on my sweatshirt par exemple) bouclent la cohérence de l'album. En bonus, deux titres: une autre version de Echoes of silver et de Sudden beat of the sun. La première en boîte à rythme et synthé, fun et même pas anecdotique; la seconde en version (presque) dansante, évidemment. Voilà, alors on peut se marrer un petit moment avec la pochette, mais ce premier ep de Monstre! a de quoi se la rammener, parce qu'avec un tel sens de la mélodie et du groove, Monstre! atteint aisément son but qui est que "les mélodies restent gravées dans la tête de l'auditeur dès la première écoute."
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samedi 1 janvier 2011
Parpaing - Poule d'oeuf
La musique de Parpaing est un joyeux foutoir, à l'image d'un Mr. Bungle époque Disco volante. Les quatre acolytes ne tiennent pas en place et passent d'un instrument à un autre entre chaque chanson (guitare/basse/batterie/clavier/saxo). Il y a quelque chose de très cinématographique dans les 7 titres qui composent cet album. Pas un thriller, sûrement pas une romance, ce serait inapproprié pour un film dramatique mais cela pourrait être la BO d'un film de série B qui mélangerait allègrement une attaque de zombies venus de l'espace, une course-poursuite de jeunes ados abrutis avec un dinosaure dans un château hanté et un complot militaro-scientifique dirigé par le pape. De toute façon, avec un nom de groupe comme Parpaing et un album qui s'appelle Poule d'oeuf, il ne fallait pas s'attendre à des gens qui se prennent au sérieux. Les titres des chansons sont tout aussi énigmatiques Valse au parquet Raballand, Unicon, IK l'homme d'or. Il y en a une qui m'amuse particulièrement en revanche, c'est Plakoplâtre. Alors déjà, Plakoplâtre de Parpaing, c'est tout un concept. La tourne de clavier/guitare/basse est réjouissante à souhait : ça fonce tout droit, pas de temps mort, un tourbillon de volupté.
samedi 18 décembre 2010
Sed Non Satiata - Sed Non Satiata
Sed Non Satiata nous avait laissé en 2008 avec ce fameux split en compagnie de Daïtro. L'image que le groupe renvoyait était celle d'un certain parti pris. Un chant en français très mélodique qui pouvait séduire mais aussi facilement rebuter ou faire crisser des dents. C'est donc cette idée qui trottine dans ma tête pendant que j'enfile l'objet dans mon mange-disque. Autant en finir avec ce sujet de suite, la voix d'Arnaud semble métamorphosée. Exit les intonations presque maniérées que l'on pouvait trouver sur Les hommes sans visage, on est ici beaucoup plus proches d'une certaine école de l'emo français, celle d'Amanda Woodward et de Daïtro. Même si certaines envolées parsèment encore les chansons de SNS, la voix se fait un peu moins suave et s'intègre bien plus naturellement dans la musique. Pas de mise en bouche cette fois-ci, Les colonnes de soie nous attrape directos à la gorge. Des cris désespérés, un groupe qui alterne intensité et modération et des chants clairs enchanteurs. Je suis par contre un peu sceptique sur le titre qui vient. Osögõ orõ nous propose un post-hardcore déjà entendu chez Geneva il y a quelques mois par exemple, et un passage commun de post-rock avec sample de rigueur, mais le quartet se rattrape largement sur les irruptions puissantes qui tranchent le titre. En revanche, rien à redire sur Entre les mots ; un piano en introduction qui se mêle aux notes de guitare, puis tout coule naturellement jusqu'à l'explosion dans un chant fédérateur : « Mais à toujours chercher un sens ou à essayer de briser le silence entre les mots » pour redescendre et finir majestueusement sur ce même piano. On descend encore avec les accords délicats, en acoustique de Calle Jaen 23 puis on termine avec L'arrache cœur, qui s'écoule lentement et finit par nous emporter dans sa montée d'intensité. Admirablement réalisé, mais il manque un petit quelque chose. Alors oui cet album a la classe, il est superbement bien ficelé mais Sed Non satiata a, à mon goût, perdu en spontanéité. Le groupe a évolué et n'est pas resté sur ses acquis et l'album dans l'ensemble sonne moins personnel (hormis Entre les mots). En même temps... je ne sais pas... peut-être qu'on s'en fout... Sed Non Satiata s'est lancé dans une direction et cela lui réussit. Les Toulousains ont sûrement le temps de trouver la bonne formule, de jongler entre l'originalité et la qualité et ils sauront un jour marier les deux, parce qu'ils ont la capacité de le faire et ils nous le prouvent une fois de plus.
Amesoeurs - Amesoeurs
Image de fin du monde, d'une civilisation détruite et détruisante. Derrière cette magnifique pochette se cache un quartet, constitué de membres d'Alcest et Les Discrets. Se décrivant comme les enfants de ce monde urbain décadent, Amesoeurs est l'exutoire à l'ingurgitation quotidienne de notre civilisation industrielle anti-naturelle. Après un Gas in veins instrumental comme mise en bouche intense, Amesoeurs se dévoile complétement dés Les ruches malades : une voix féminine le plus souvent claire et douce et un métissage de divers styles : black-métal, coldwave et une sensibilité pop certaine. L'exercice peut paraître difficile et le black-métal et la coldwave sont des styles auquel je suis d'ordinaire hermétique, mais force est de constater que les qualités sont présentes. Amesoeurs possède ce je ne sais quoi qui rend leur musique touchante, émouvante, malgré ou peut-être grâce à ses défauts. Tout d'abord, le chant d'Audrey en français rappelle aux premiers abords certains groupes français radiophoniques dont je tairais les noms, car Amesoeurs ne joue définitivement pas dans la même cour. Pour exemple le magnifique Heurt : la voix d'Audrey se veut très mélodique mais se trouve en retrait, perdue dans les méandres. Le groupe aime la sensibilité, mais l'on sent qu'il cherche à la laisser un peu en retrait pour ne pas mettre à mal son intégrité musicale. Une fois passé outre cela, la musique d'Amesoeurs nous gagne lentement et l'album contient son lot de « tubes »: Gas in veins, Les ruches malades, Heurt (ma préférée), Recueillement, Faux semblants, Video girl ou encore La reine trayeuse sont autant de preuves de la qualité de composition du groupe. Je parlais de mélange de style : Faux semblants et Amesoeurs par exemple dévoilent fièrement des mélodies à la The Cure, I XIII V XIX XV V XXI XVIII XIX - IX XIX - IV V I IV et son piano hanté s'apprêterait parfaitement en bande-son des photographies de Sarah Moon, tandis que Trouble (éveils infâmes), le titre le plus agressif de l'album, s'exhale dans un riff très heavy. Alors voilà, Amesoeurs est un album cohérent mais le goût un peu trop délicat du chant et des passages mélodiques risque de rester en travers de la gorge de certains aficionados du black-métal et d'un autre côté, il risque fort peu de se propager outre les sphères des fans des styles pratiqués ici. En tout cas, je l'avoue impunément, Amesoeurs est une bouffée d'air frais, de l'amour dans ce monde de brutes.
V/A - Dark 80s
Je ne sais pas à quoi ça vous fait penser vous les années 80, mais dans ma tête c'est pas très glorieux. Puis le revival post-punk à toutes les sauces, j'en ai un peu ma claque. Mais quand on connaît l'activité du label Atropine, on se doute bien qu'il n'y aura pas ici d'effluve de mauvais goût. Allez, on se jette dans le vif du sujet. C'est One Second Riot qui débute avec One hundred years de The Cure... Alors là, les doigts dans le nez ! La reprise est fidèle à la version originelle, le titre new wave passé dans le filtre noise/indus du duo lyonnais ressort comme neuf. A part la ligne de batterie qui change, on pourrait dire qu'ils ne se sont pas foulés les deux, sauf que tout ici paraît évident. Les ambiances sombres et industrielles plombent les arrangements de la version originale, la batterie rajoute une sacrée dynamique, la transposition guitare-basse passe le plus naturellement possible et la voix de Pierre est troublante de ressemblance avec celle de Robert Smith. Tout cela sans perdre leur propre identité. Résultat ? Trop bon ! Deuxième titre et deuxième reprise de The Cure, cette fois par Abronzius, projet dark-pop de deux membres échappés des Lyonnais d'Overmars. Exit l'ambiance kitsch de la première version de Charlotte sometimes. On vire la batterie dégueu' et cette affreuse réverb sur la caisse claire. Une guitare cristalline, un chant envoûtant exécuté par Marion (bassiste dans Overmars) et des percussions et nappes sombres dans le fond, ou comment créer un petit bijou à partir d'une originale maussade. Un peu de fébrilité sur certaines fins de phrases, juste touchant ! On en finit avec The Cure, dépaysement total avec Kill The Thrill et leur reprise de The pandys are coming de Killing Joke. Je n'apprécie pas tout du groupe de Jaz Coleman, et celle-ci n'entre pas dans la catégorie favorable. L'interprétation de Kill The Thrill, avec chant là encore féminin de Marylin la bassiste, est très proche de l'originale. De cause en conséquence, je n'accroche pas spécialement. Mais pour être objectif, tout est très bien orchestré et à l'instar de One Second Riot, c'est une remise à jour efficace du titre que le groupe effectue là. Dernier morceau, les Year Of No Light s'attaquent au Disorder de Joy Division. Le thème de la chanson est extrêmement ralenti, logique lorsque l'on est une formation qui se complait dans un post-hardcore pesant. La guitare maladive se noie dans ce vacarme épais et le chant est encore plus dépressif que celui de Ian Curtis. On sent d'ailleurs le désir du chanteur de se calquer sur la voix de celui-ci : mêmes intonations, mêmes effets, puis il n'est pas courant d'entendre du chant clair dans Year Of No Light. Une bonne surprise en tout cas que cette compilation, qui va du sympathique (Kill The Thrill) au quasi-incontournable (Abronzius).
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HKY - HKY
Il y a quelque chose de bien avec les cassettes, c'est le prix (attractif). Dans le cas de cette cassette-ci, l'autre particularité intéressante est qu'elle a grave la classe, cette cassette. Enfin non, elle n'a pas grave la classe, c'est juste que l'objet en lui-même propose quelque chose d'un peu différent (l'emballage sous cellophane). Il m'aura suffit de peu (un bout de plastique) pour être atteint de cette envie subite typique de notre société moderne:le besoin soudain et insatiable de consommer: "HKY? C'est quoi ça? Du black metal? Du post-hardcore? Du doom? Peu importe, elle est trop belle cette cassette, je la veux!" Limitée à 200 exemplaires avec le choix entre une version claire et une version noire (couleur du cellophane et de l'auto-collant) et composée de deux titres par face. Alors HKY sur papier, c'est du post-hardcore bien plus froid et sombre que la moyenne, aidé en partie par des synthés glacials et des nappes de chant vaporeuses. Je ne passerai pas par quatre chemins, si musicalement il y a une chose qui m'interpelle dans cet album c'est avant tout le titre Curve and abundance, les trois autres n'ont rien d'exceptionnel pour un style que je n'apprécie pas outre mesure. Ce fameux Curve and abundance mêle ambiances malsaines qui se font parfois dronesque et surtout un putain de riff heavy à souhait, leitmotiv du titre, le faisant existé entièrement autour de lui (il y a l'avant-riff, le riff, le temps de se remettre du riff, puis second avant-riff, puis répétition du fameux riff,...). Allez donc m'écouter ça et vous m'en donnerez des nouvelles.
lundi 6 décembre 2010
Clara Clara - Comfortable problems
Au sein de Clara Clara, François (Reveille, François Virot) joue de la batterie, son frère Charles (Nosnow) endosse la basse et Amélie s'exalte sur un clavier. Lutte des classes pour la pochette et noise-pop fiévreuse pour ce qui est de la musique. Revenons brièvement sur la petite histoire de ce trio. Clara Clara se forme en 2004 à Dijon, autour des deux frères Charles et François Virot. Amélie Lambert s'incorpore dans ce binôme familial. Les trois débutent alors un trio batterie/basse/flûte qui deviendra batterie/basse avec overdrive et octaver/clavier. Lyonnais d'adoption, le groupe Clara Clara a sorti depuis son début une démo puis trois albums. Un petit bout de chemin a encore été parcouru après la sortie de l'album AA en 2008. Il est évident qu'avec ce quatrième album, Clara Clara passe au niveau supérieur. François, fort de son expérience en solo et de ses débuts avec Reveille, a entre temps pris de l'assurance au chant, et c'est donc tout naturellement que sa voix se retrouve au centre de Comfortable problems. Tout ce que l'on appréciait dans leurs précédents efforts est toujours présent, mais tout se présente ici sous son meilleur jour. La production n'est clairement pas étrangère à ce constat : l'ensemble sonne ultra-fluide, le son est clair et si chaque instrument est bien à sa place, c'est pour mieux se mêler et s'emmêler avec les autres. Bref, ce qui pouvait faire un peu défaut sur leurs précédents opus devient ici une force, et force est de constater que Comfortable problems est un putain d'album! Peut-être que la présence du chant de François est également en grande partie responsable. Le groupe se canalise, se focalise sur le meilleur et met de côté tout ce qui n'est pas indispensable, les titres prennent alors vraiment la forme de chansons (à comprendre dans le sens concis et efficace). Une basse noisy, un clavier frénétique, un chant et des chœurs empoignants, un de ces albums dont on ne peut décrocher dés lors que l'on a laissé traîner une oreille dessus. De montées épiques en mélodies faussement naïves à la Deerhoof, rythmes saccadés et enjoués, de la musique de Clara Clara émane une réjouissance incommensurable, une joie permanente. Les exemples les plus fameux sont sûrement Paper crowns, One on one et son « you've absolutely nothing to worry », ou Lovers, mais l'album entier se dévore avec de plus en plus d'appétit à chaque écoute.
Marylin Rambo - Skiez plus vite
Je pourrais peut-être commencer en précisant que Marilyn Rambo est formé de deux membres de Parpaing. Outre la simple référence dans le dernier titre de ce premier album, le lien entre les deux groupes est bien présent. Je ne saurais qualifier cette ressemblance, rapprocher les deux groupes sur le plan musical, car les deux entités sont bien délimités et la seule facilité serait d'énumérer ce qui les sépare. Mais à l'écoute de cet album, un infime fil conducteur nous ramène à Parpaing. Une histoire de sensibilité sûrement. Plus concrètement, on notera une certaine promiscuité avec un autre duo français : Grand Prédateur. Même si ce dernier lorgne largement plus vers le métal à tendance « on fait la musique la plus violente et la plus dingue à la fois » et que Marilyn Rambo n'en est pas là, on retrouve clairement une envie commune de composer une musique que l'on pourrait voir comme un métal hybride, suite à de nombreux croisements avec, dans le cas de Marilyn Rambo, de la noise et ce que l'on nomme d'après le terme déjà insupportable de math-rock. Don Caballero de Punkgasm n'est jamais très loin. Ce qu'il y a de drôle (si j'ose ce terme) avec Marilyn Rambo, c'est que tout comme pour Parpaing, l'ensemble se laisse écouter mais ne se fait réellement passionnant que sur de rares passages bien localisés, nommés ici Marilyn Makay is not dead et Taupe in Hamburg.
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