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jeudi 14 février 2013

Walden - Fire walk with me



Walden n'est pas réellement une nouvelle entité puisqu'elle est le prolongement de Han Som Soker, projet solo d'un ancien membre du groupe Inys (puis entre temps du groupe Nord). Cette fois, pas de pochette en carton entièrement fait main, en remplacement un boitier plastique mais avec un joli insert à l'intérieur. Toujours dans la même veine que Han Som Soker, Walden a cependant éclaircit son spectre musical. Les nappes de synthé et les sonorités black-metal que l'on pouvait palper auparavant ci et là sont mis à l'écart. Hormis Dead Man, cousu par une guitare électrique vaporeuse en élévation sur un parterre drone pluvial et venteux, Walden est recentré sur une guitare acoustique qui sert réellement de base aux morceaux. D'ailleurs pour la filiation, on ne saura être dupe, avec le nombre de clins d'oeil et ce jusque dans les titres de chanson: Thoreau pour l'état d'esprit, Twin Peaks pour la forêt embrumée, Woven Hand et Neil Young pour l'inspiration musicale. Plus épurés que pour Han Som Soker, les arrangements étoffent paradoxalement plus efficacement les squelettes guitare sèche/chant/batterie electro. L'harmonica et les déambulations électriques de guitares psychédéliques donnent forme à un dark folk épais et riche. On notera encore quelques imperfections au niveau de certains calages avec la batterie mais également en ce qui concerne le traitement de la voix, un peu trop détachée des instruments. En revanche, le traitement sonore est plus aboutit que sur les albums de Han Som Soker, terriblement plaisant, surtout lorsque l'on vient à savourer ces enchevêtrements d'arpèges et ces accords emprunts d'une intensité apaisante.

mercredi 29 juin 2011

Han Som Soker - Lane of thought



Si le premier album d'Han Som Soker, enregistré durant l'hiver 2009/2010, avait été enfanté pendant une période très limitée, composé en trois mois et plus ou moins improvisé, ce nouvel effort nommé Lane of thought affiche clairement une plus grande ambition de composition. De black métal, il ne reste que Part I, mais la couleur n'y est plus vraiment, tout est plus diffus, hypnotisant. La guitare acoustique prends dorénavant une part beaucoup plus importante au sein de la création, emportant le spectre musical de Han Som Soker vers d'autres sphères: folk, prog, drone, expé, post-rock... On croirait par exemple entendre du Pink Floyd sur Lane of thought. Un harmonica fait son apparition sur plusieurs chansons, presque rêveur. Les lignes de chant, toujours sobres, sont particulièrement réussies sur les deux derniers titres. Douces, parfois rauques, elles réussissent à donner à l'ensemble encore plus de caractère, et c'est en cela que réside l'évolution la plus notable: Han Som Soker, ce n'est plus seulement de la musique mais un ensemble de véritables chansons cohérentes d'un bout à l'autre. Il faut également préciser l'énorme effort au niveau de la qualité sonore du disque: les instruments sont propres mais dans le bon sens du terme et permettent de profiter de la beauté des chansons, à leurs justes valeurs. Pour ce qui est de l'album en lui-même, la pochette est entièrement fait main, de manière artisanale et l'objet sort une nouvelle fois en très peu d'exemplaires.
contact: eolhra(at)hotmail(dot)com

samedi 18 décembre 2010

Han Som Soker - Han Som Soker



Composé et enregistré en deux mois, Han Som Soker est le projet d'un seul homme, en la personne du bassiste des défunts Inys. L'artwork instaure le climat austère de l'album : forêts profondes, montagnes enneigées et ciels nuageux. La nature prenant le dessus sur la civilisation, la présence humaine réduite à néant. Rien que le sifflement du vent entre les sapins, le ronronnement de l'eau coulant entre les rochers et le murmure de la neige qui se dépose sur le sol. La typographie déstructurée sur la pochette en carton et les écritures gothiques du livret appelleraient presque à un logo « True Norwegian Black Metal ». L'Intro remplit son rôle : claviers sombres et glaçants en crescendo puis décrescendo, de quoi prévenir l'auditeur à ce qui va en suivre. Ghost débute sur de délicates notes de guitare rejointes par un chant posé mais habité. La transition qui arrive ensuite a un petit côté-début de Pity the weak de Fall Of Efrafa, en version beaucoup plus lente : même façon de reprendre des couples de notes calmes à la guitare après une ambiance qui s'estompe mais reste sous tension. Un peu plus loin, c'est l'ombre d'Inys qui refait surface: guitare crade, batterie lente et grain de voix écorché. L'intro de September et ses étouffements de notes éparses sous chorus font étrangement penser au thème musical de Twin Peaks. Le rapprochement avec la série culte de Mark Frost et David Lynch n'est d'ailleurs pas aussi incongrue qu'elle en a l'air : l'appel de la nature, à travers des forêts épaisses et mystérieuses et la déchéance psychologique humaine en société sont des thèmes communs. En témoignent les paroles de Enclave of freedom : « Only the nature, in certain places, rest free of any chains / Freedom is no longer than here / Cities are cages without bars / Bars are useless for docile beast ». Le black-métal ambiant de Han Som Soker, même s'il prends ses propres directions, reste teinté de l'expérience avec Inys. Le spectre de ce dernier rode autour de ces 6 titres : on retrouve ces même riffs pesants à peu d'accords sur lesquels viennent, en revanche, s'accrocher ici et là des notes plus aigües, un cri guttural, des claviers glacés ou encore une guitare acoustique. Han Som Soker est en tout cas une expérience artistique honorable : s'investir complètement dans un processus de composition pendant deux mois, improviser face à sa volonté immédiate pour n'enregistrer que le ressentit à l'instant présent, sans avoir le temps de prendre de recul, pour faire ressortir ce qui pourrait être perçu comme la sincérité ultime.