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dimanche 3 juin 2012

Mensch - s/t



Ça y est, Mensch commence à voir les choses en grand! Le ep Dance and Die, un quatre-titres concis, dont on retrouve d'ailleurs ici les titres Mistery Train et Island, avait mis au clair le projet des deux filles en 2010. Aujourd'hui, Mensch se targue d'un premier album éponyme, huit titres où l'on retrouve l'efficacité d'une pop catchy fortement teintée de new-wave et de post-punk. La fulgurance de la musique de Mensch réside toujours dans les mêmes caractères: le duo basse/ guitare se croise, l'une impose une rythmique, l'autre s'abandonne à la mélodie, les rôles s'échangent, on s'embrasse enfin puis on bataille au coude à coude. Derrière, toujours cette même assise, boite à rythmes à première vue austère et pourtant si solide dans l'habileté de ses arrangements. Par dessus, la voix, aérienne, susurrée, ou plus passionnée, singeant parfois quelques références (The Slits sur Evidence). Mensch n'est pas qu'un album de titres incisifs, mais sait également se faire plus suave (Goliath, Sublime). Mistery Train et Island, bien que très similaires aux versions de Dance and Die, gagnent beaucoup en profondeur avec ce nouvel enregistrement. Des morceaux sur lesquels on revient encore et encore, il y en a plusieurs, comme le dangereusement addictif Swim Swim ou le plus original Wild. Il n'y aurait rien d'étonnant à ce que Mensch fasse rapidement des émules et que fleurissent, ci et là, des duos qui invoqueraient, pour le coup, le manque de batteurs pour utiliser une boîte à rythmes; en espérant que le revival eighties garde ce même souffle de fraîcheur cher à Mensch.

mercredi 4 janvier 2012

Tringles - Tringles


J'ai découvert Tringles il y a plusieurs mois, en concert au 102 à Grenoble. Quelque chose m'avait un peu déplu (commence mal cette chronique), c'était l'attitude de la front-woman qui se la jouait parfois rock'n'roll, vous savez cette attitude un peu fière, tout en cherchant à transmettre une fun attitude. Déplu, non dans le sens irritant, mais perçu comme convenu. Car à l'évidence, non, les Tringles ne se prennent pas au sérieux. Mais je vais vous avouer pourquoi Tringles me plaît. Tringles me plaît car Tringles me fait penser à Kleenex. Leur live m'avait remémoré les images du clip de Nice des suissesses. Je crois que c'est un peu cette manière frontale qu'elles avaient de regarder le public en chantant. Tiraillé entre le post-punk et le garage, le quatuor se revendique à la fois des Runaways et de Wire. Perso c'est plutôt le côté Wire que je trouve attrayant. Il est drôle d'ailleurs de remarquer comme l'ordre des quatre titres, de Sweat à Calm Down, tend du post-punk vers le garage. Souvent, c'est la basse qui semble mener le jeu. La guitare, elle, est plus en retrait. D'ailleurs, celle-ci gagnerait sûrement à se déshabiller de cette réverbe et de cette distorsion trop présentes. C'est agréable quand elle se la joue noisy, comme dans Yeah, mais sur les passages post-punk elle dessert quelque peu l'ensemble. Sweat, Train et Yeah sont des titres entraînant et efficaces, mais Calm Down s'essouffle à vouloir trop en jeter, malgré la présence du clavier.

jeudi 14 juillet 2011

Taulard - Taulard




Taulard s'appelle Taulard. Sur la pochette de la première cassette de Taulard, on voit apparaître une lame de rasoir, sans trop même avoir à faire de pirouettes avec les yeux. Rien de subliminal ici, on sait effectivement à quoi s'attendre lorsqu'on met en route la bobine: Taulard n'a pas vraiment le coeur à la fête. Taulard c'est des états d'âme, des maux, des instants fixés sur le papier. Le point fort de Taulard justement, c'est peut-être bien les paroles. Faussement naïves, souvent mélancoliques, parfois ironiques ou un poil vénères; des sales expériences sous forme d'histoires. Une écriture indécise, parfois évasive, presque poétique, et parfois beaucoup plus concrète. Le chant en français, dans ce style particulièrement, est un exercice casse-gueule. La première écoute pèche un peu. On rechigne parce qu'on n'a pas l'habitude. Mais on décide de donner une seconde chance, car on sait qu'il s'y passe quelque chose. On retourne la cassette, on réappuit sur play (les deux faces de la cassette sont identiques), et alors on se sent un peu bête, parce que finalement ce chant, on l'aime bien quand même. Les "oh oh" de Ville portuaire, on les chante en coeur, pas le choix. Pour ce qui est du reste, c'est à dire les instruments, le choix est celui d'une atmosphère dépouillée et maladive. Bien sûr, les lignes de basse sont audacieuses, mais la batterie tend vers l'épuration. Le synthé, lui (le principal élément mélodique), sait ne pas en faire des tonnes et mène la barque avec finesse. Et puis cette pochette: visuel minimaliste, un peu à l'image de la cassette des Rip It Up! il y a quelques mois: concise et classe.

lundi 6 décembre 2010

Mensch - Dance and die


Tout nouveau groupe né en ce début d'année, Mensch est un duo composé de Vale Poher et Carine Di Vita, et résulte de l'envie de monter un nouveau projet après deux années de collaboration au sein du Vale Poher Group. Pour les non-germanophones, Mensch signifie Homme (dans le sens d'être-humain). Traduction révélatrice d'une langue française intrinsèquement machiste. On connaissait Men composé d'ex-Le Tigre, voici Mensch qui ne nous vient ni de l'autre côté de l'Atlantique, ni de l'autre côté du Rhin, mais de la ville confluente de la Saône et du Rhône. Situons donc les deux protagonistes de ce projet : Vale Poher a déjà produit deux albums et deux EP avec son projet solo. C'est en 2008 qu'elle monte le Vale Poher Group et rencontre accessoirement la bassiste Carine Di Vita, son actuelle collaboratrice dans Mensch. Carine est donc derrière la basse et Vale derrière la guitare. Toutes deux se partagent le micro, une boîte à rythmes venant compléter la formation. Island débute avec un indie-rock accompagné de voix énergiques. On jette un œil au titre de l'album et on se dit que ça va partir, mais il n'en ait rien. Au lieu de cela, Mensch s'envole là où l'on ne s'y attends pas, se pose rapidement et nous laisse savourer sa pop suave qui prends le temps de nous imprégner. La paire guitare/basse, sensible, possède des similarités avec celle par exemple d'un groupe comme Pinback. Mistery train (of life) en revanche, illustre mieux le propos du titre de l'album. Electro post-punk avec clavier droit devant, refrain accrocheur saupoudré de chœurs. Mensch se targue ensuite d'une reprise de The Smiths. La version de Mensch n'a plus rien à voir avec la version originale, le duo transforme This charming man en un titre aérien, remise à jour charmante et personnelle. On finit avec un remix de Mistery train, qui se laisse écouter, quoique à la limite de la version dance-floor putassière, clôturant ainsi le premier ep du groupe. On regrettera simplement la modestie de l'objet, seulement quatre titres dont une reprise et un remix.