Après une première demo 6 titres en 2009, Tobaïas sort un bien bel objet. Un sept pouces avec pochette sérigraphiée et quatre nouveaux titres d'un emo/screamo à la française comme on l'aime. Des textes sombres, maladifs mais jamais résignés, portés par un chant et des choeurs criés/scandés. Le butin est plutôt maigre, Tobaïas nous offre seulement quatre nouveaux titres (très courts) après deux années d'attente. Des titres qui n'atteignent jamais les deux minutes, témoignant de l'urgence punk qui transporte le groupe. On regrette un peu que la prod' ne porte pas plus la musique du quatuor, toujours insufflée de cette même passion. La batterie, pleine de vigueur, n'offre que rarement des accalmies, mais le mot "énergie" est loin d'être un antonyme de "mélodie" dans le vocabulaire de Tobaïas. Drapeau blanc, la seconde partie de Une décennie et surtout Les bons mots sont particulièrement réussis. Tels les défenseurs d'une scène qui peut parfois sembler à l'agonie, Tobaïas tient fièrement le flambeau de ce "french emo" dont les figures imminentes (Amanda Woodward, Daîtro,...) nous ont laissés orphelins, avec toujours cette même rage au ventre. Un ep soigné, modeste mais incisif.
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lundi 6 février 2012
mercredi 29 juin 2011
La Crève / Les Objets Meurent - Les objets crèvent
Ha ba bravo, je me mets à faire des chroniques de mes propres groupes! On (La Crève) a sorti notre premier disque, un split avec Les Objets Meurent il y a peu. C'est la première demo des deux groupes, qui a été fabriquée de A à Z (enregistrement, pochette, pressage) du 20 au 22 mai. Je vais tout de même me contenter de critiquer Les Objets Meurent. Donc, Les Objets Meurent est un groupe d'emo de Grenoble. Après les avoir revu en concert il y a peu, je me suis rendu compte que le son de la demo ne jouait pas du tout en leur faveur : la voix est très loin derrière et la disto de la guitare sonne plus grunge qu'autre chose. Non, en fait, ce que je veux dire par là, c'est que d'une part la disto une fois enclenchée, les notes sont imperceptibles; de l'autre part, le son global sonne vraiment "grunge" alors que ce n'est pas du tout fidèle à leur son brut. En fait, je ne leur ai pas encore avoué, mais Les Objets Meurent est mon groupe grenoblois préféré. Les paroles sont vraiment bien, notamment le titre éponyme Les objets meurent sur le "punk" et ses contradictions, les comportements machos dans Le bal des pompiers, Joystick Division, le petit tube de l'album, sur la génération des années 80 et La guerre des mots sur la récupération des "idées alternatives", enfin c'est mon interprétation personnelle pour celle-ci. Pour plus d'infos, vous pouvez me contacter directement, et pour Les Objets Meurent: chivain(arobase)no-log(point)org
mardi 1 février 2011
Baton Rouge - Fragments d'eux-mêmes
Fragments d'eux-mêmes ouvre une parenthèse qui nous renvoie inexorablement au hiatus de Daïtro. Le quintet lyonnais nous a abandonné avec Y en 2009 et on pensait ne pas se consoler mais voilà, Gwen, Benoît, Julien et Samuel ont décidé de poursuivre l'aventure sans leur chanteur et de fonder Baton Rouge. Comme dans 12XU, c'est Gwen et Julien qui se partagent ici le micro; la justesse n'est pas toujours au rendez-vous, le timbre parfois à la limite de l'agréable mais peu importe, car premièrement on s'y fait très rapidement, deuxièmement dans le style, le chant n'a jamais été des plus harmoniques et enfin, la qualité des compositions supplante largement un quelconque attardement sur ce détail. Les lyonnais ont délaissé l'emo-hardcore passionné cher à Daïtro pour se tourner vers un indie/noise/emo racé. Parce que oui, Fragments d'eux-mêmes a tous les attributs d'un album tel que l'on en sortait dans les années 90: Mission of Burma ou Sonic Youth pour le côté indie/noise et de l'emo tel que l'on en retrouve chez Tubers, chouette groupe dont les 12XU ont croisé la route durant leur tournée aux Etats-Unis, et dont Gwen et Julien ont sorti le dernier album via leur label Echo Canyon. Même la pochette m'a fait juré y avoir vu une référence à celle du premier LP de Drive Like Jehu (mon fort intérieur fait de drôles d'assimilations parfois). Fragments d'eux-mêmes contient son lot de titres taillés pour la célébration en public, en commençant par les deux titres d'ouverture, Tous seuls et l'énormissime Sur un banc. Baton Rouge calme un peu le jeu pour Que les fils: mélodie léchée, choeurs et descente sensible, tout comme celle de Des chemins balisés. Et c'est en cela que réside la force de ce premier album: une navigation perpétuelle entre passages emprunts d'une énergie punk-rock, accalmies à fleur de peau, dissonances noise et une faculté imposante pour un song-writing talentueux. Fragments d'eux-mêmes contient tout de même son moment de faiblesse nommé Aérosols, mais ce premier disque devrait, outre satisfaire tout ceux perplexes face au hiatus de Daïtro, poser Baton Rouge comme une référence dans le style. Tout ça pour vous mener là où je veux en venir: Baton Rouge est un GRAND groupe.
samedi 1 janvier 2011
Daïtro - Vinyl collected
Alors je ne veux pas dire de bêtise, mais il me semble bien que cet album était destiné à la base pour le Japon (le titre en japonais sur la pochette me conforte dans cette idée), dans tous les cas ce Vinyl collected est maintenant disponible par chez nous. Pas de nouveauté ici (enfin pas réellement), cet album étant comme son nom l'indique une compilation. Il regroupe donc le fameux split avec Sed Non Satiata, celui avec Ampere et enfin le sept pouces de la tournée aux Etats-Unis de 2007, donc (quasi-) introuvable sur le vieux continent. Il n'est sûrement pas utile que je ne m'attarde sur les titres du split avec Sed Non Satiata, hormis qu'il était toujours autant délicieux de se plonger à coeur et âme dans De l'eau coule sous les ponts. Vient ensuite le seul et unique titre qui composait le split avec Ampere, La substance et la matière qui m'était inconnu jusqu'à ce jour: complètement chaotique, entrecoupé d'une longue montée poignante sur laquelle se glisse des spoken-words à frémir. Et enfin, le 7'' de l'USA Tour avec Des plaies ouvertes, chanson sur la brèche et ses paroles qui trouvent toujours autant écho dans les combats actuels: « Des cicatrices béantes qu'on hérite d'un passé sanglant. Des poignées de mains qui tentent de faire oublier celles qu'on a déjà sales mais qui s'affairent à jouer le jeu de la précarité et de la clandestinité. » L'instrumentale Et du béton clôt ce disque; encore un très bel objet de chez Daïtro, l'artwork étant signé par Julien, auquel il va être une fois de plus difficile de résister.
samedi 18 décembre 2010
Sed Non Satiata - Sed Non Satiata
Sed Non Satiata nous avait laissé en 2008 avec ce fameux split en compagnie de Daïtro. L'image que le groupe renvoyait était celle d'un certain parti pris. Un chant en français très mélodique qui pouvait séduire mais aussi facilement rebuter ou faire crisser des dents. C'est donc cette idée qui trottine dans ma tête pendant que j'enfile l'objet dans mon mange-disque. Autant en finir avec ce sujet de suite, la voix d'Arnaud semble métamorphosée. Exit les intonations presque maniérées que l'on pouvait trouver sur Les hommes sans visage, on est ici beaucoup plus proches d'une certaine école de l'emo français, celle d'Amanda Woodward et de Daïtro. Même si certaines envolées parsèment encore les chansons de SNS, la voix se fait un peu moins suave et s'intègre bien plus naturellement dans la musique. Pas de mise en bouche cette fois-ci, Les colonnes de soie nous attrape directos à la gorge. Des cris désespérés, un groupe qui alterne intensité et modération et des chants clairs enchanteurs. Je suis par contre un peu sceptique sur le titre qui vient. Osögõ orõ nous propose un post-hardcore déjà entendu chez Geneva il y a quelques mois par exemple, et un passage commun de post-rock avec sample de rigueur, mais le quartet se rattrape largement sur les irruptions puissantes qui tranchent le titre. En revanche, rien à redire sur Entre les mots ; un piano en introduction qui se mêle aux notes de guitare, puis tout coule naturellement jusqu'à l'explosion dans un chant fédérateur : « Mais à toujours chercher un sens ou à essayer de briser le silence entre les mots » pour redescendre et finir majestueusement sur ce même piano. On descend encore avec les accords délicats, en acoustique de Calle Jaen 23 puis on termine avec L'arrache cœur, qui s'écoule lentement et finit par nous emporter dans sa montée d'intensité. Admirablement réalisé, mais il manque un petit quelque chose. Alors oui cet album a la classe, il est superbement bien ficelé mais Sed Non satiata a, à mon goût, perdu en spontanéité. Le groupe a évolué et n'est pas resté sur ses acquis et l'album dans l'ensemble sonne moins personnel (hormis Entre les mots). En même temps... je ne sais pas... peut-être qu'on s'en fout... Sed Non Satiata s'est lancé dans une direction et cela lui réussit. Les Toulousains ont sûrement le temps de trouver la bonne formule, de jongler entre l'originalité et la qualité et ils sauront un jour marier les deux, parce qu'ils ont la capacité de le faire et ils nous le prouvent une fois de plus.
Daïtro - Y
Parfois, on a envie de tout remettre en question : ce que l'on aime, ce qui nous inspire, ce qui nous influence. On ne sait plus trop pourquoi on suit certaines idées ou que l'on fait certains choix. Parfois en revanche, il suffit d'ouvrir un livre, regarder un film ou avoir une discussion avec quelqu'un et tout redevient si évident. Depuis plusieurs semaines, c'est cet album de Daïtro qui tourne en boucle sur ma sono et qui me rappelle chaque jour quel sens donner à ce qui m'entoure et à ma place dans cet environnement. Je divague ? Ça ne vous parle pas ? Bref... Pourtant, les premières impressions n'étaient pas des plus gratifiantes : « Il est sympa ce nouveau Daïtro, il est plus calme que Laissez vivre les squelettes, mais rien d'exceptionnel. » Puis comme tout bon disque, les écoutes consécutives ont raison de vous. Alors voilà, Y est un sacré album et je compte bien m'attarder dessus en détail. Y s'articule autour des paroles formant un texte uniforme. Y est partagé en dix parties, dix chansons qui n'ont pas de nom. L'artwork se construit sur le propos de Part IX « Au-delà de ses deux collines et de ses deux fleuves... » : la ville de Lyon. Le guitariste et le bassiste nous ont déjà fait le coup pour les Singles series de leur projet parallèle 12XU, mais ici en plus concret et pertinent. Alors Y pour la seconde lettre de Lyon, ou plutôt pour la forme de ses deux fleuves qui se rejoignent (j'aurais tourné la pochette plusieurs fois dans tous les sens pour penser à ça). Part I et Part II s'ouvrent sur le Daïtro tel qu'on le connaît. Une dynamique de l'urgence, des montées mélodiques et le phrasé particulier d'Aurélien qui s'instaure dans les passages d'accalmie. Daïtro va ici à l'essentiel : aucune chanson ne dépasse les cinq minutes, alors qu'auparavant le groupe n'hésitait pas à lorgner avec la dizaine de minutes sur certains titres. Les paroles prennent une place colossale, chargées de bon-sens et d'émotion. Nouveauté, Part III fait part belle au chant clair de Julien. L'envie peut-être de développer ce côté mélodique depuis l'expérience de ce dernier derrière le micro dans 12XU. Part IV ou la grosse claque. Les spoken-words s'élevent en hymne : « Nous les bien faiseurs, nous les bien pensants, nous les prétendus hors normes qui jouons les durs, nous les colériques, nous les cyniques, n'aurait-on rien égaré en route ? ». Part V, interlude en guise d'intro pour Part VI. Part VI qui prend le temps de se construire, une batterie minimaliste, quatre accords de guitare qui se greffent et s'imposent puis les paroles qui prennent le dessus : « Qu'est-ce qu'on tire de nos valeurs quand on leur préfère la théorie ? Et surtout à quel prix ? ». Part VII et son intro « heavy-hardcore ». Nouvelle interlude, Part VIII qui fait le lien avec l'énorme Part IX. Là encore des paroles à scander : « Au delà de ses deux collines, au delà de ses deux fleuves, de ses pubs plein les trottoirs, de ses vitrines, de ses comptoirs ». Et pour finir Part X, les propos parlent d'eux-mêmes : « Il y a simplement l'envie de ne pas regarder tout se taire et mourir à petit feu. Simplement l'envie de ne pas tout voir se transformer en vitrine ». Il est 18 heures. Je déambule en vélo dans les rues encombrées, le regard cynique sur tous ces êtres qui restent bloqués dans leur véhicule. Retour au foyer après une énième journée de travail, pour seul cri d'existence la main sur le klaxon. Et dans ma tête: « Le constat est sévère quand il n'y a plus de colère mais de la suffisance, quand il n'y a plus de débat mais de la satisfaction, de l'agressions pour communication, des réponses pour question ».
Putain d'album.
Putain de groupe.
Putain d'album.
Putain de groupe.
Adorno - Said and unsaid
Je ne sais pas, il y a un moment que je vois cette pochette un peu partout, interpellant ma sensibilité oculaire (leur split avec Eric Ayotte est également tout mignon) mais malheureusement le seul retour que j'avais eu sur ce groupe portugais était plutôt négatif (un chant emo aigu insupportable). Bien bon m'a pris que de passer outre cette source finalement peu fiable (la même qui avait décrété que Daughters c'était chiant...). Alors en effet, le chant sur-aigu peut refouler mais pour quelqu'un qui adore Rumble In Rhodos, le chant dans Adorno ne paraît pas si étrange que cela. Quatre titres pour ce ep, et quatre putains de titres (un jour je réussirai à supprimer le mot "putain" de mon language pour parler de quelque chose que j'aime). L'emo de Adorno est somme toute assez banal, et j'aurais vraiment très envie de les comparer à Rumble In Rhodos justement, pas uniquement pour le chant donc mais également pour cette urgence rock'n'roll et ces riffs ultra-mélodiques mais jamais mielleux qui parcourent ce 7". Je commence par le moins bon (la relativité est ici de circonstance): Uncharted maps qui est un bon titre d'emo punk-rock mais on en reste là. Said and unsaid et son pont à la JR Ewing avec choeurs a déjà quelque chose de plus. One thirty six, le titre d'ouverture a grave la classe, ça transpire, c'est sincère et c'est très loin de l'insipidité que l'on m'avait rapporté. Et enfin je finis sur cet Untitled qui est (je pèse mes mots) parfait! La batterie débute seule, rejoint ensuite par une basse avec disto et des arpèges pour les deux guitares qui se complètent, ligne de chant mélo mélo mélo mais c'est trop bon, puis choeurs...tout y est. Si vous non plus vous n'arrivez à débarrasser votre esprit de cette satanée chanson, je veux bien que vous me laissiez un commentaire, que je me sente moins seul!
Tubers - Anachronous
Tubers nous vient de Floride. Tubers est maintenant composé de quatre musiciens car un quatrième membre (Matt de Asshole Parade) les a rejoint pour jouer de la guitare et chanter. Pour situer un peu, il y a également des membres de Twelve Hour Turn dans Tubers. La musique de Tubers se situe quelque part en Fugazi et Drive Like Jehu et vous trouverez Tubers en France chez Echo Canyon, le label de Gwen et Julien (12XU, Bâton Rouge et ex-Daïtro), lesquels ont rencontré Tubers sur quelques dates de la tournée américaine de 12XU. Voilà pour ce qui est de la petite histoire. Anachronous est donc le quatrième album des ricains (après deux LP et un split avec Brainworms) et à y réfléchir aujourd'hui, je remercie Echo Canyon de les avoir rammener dans ses bagages, non que Tubers soit simplement un bon groupe dans la veine des groupes pré-cités, mais ce groupe là, et cet album là a quelque chose de grand. Bien sûr, on retrouve dans l'emo punk-rock de Tubers tout ce qui fait le charme du style, mais le quartet a également un grand talent pour composer d'excellentes chansons. Anachronous est un condensé de titres qui donnent le sourire, on aurait envie de les voir jouer dans son salon devant trois personnes et scander les paroles à en perdre la raison. Arf, je pourrai vous parler de chaque chanson, mais d'une j'ai la flemme d'en écrire plus et de deux j'ai vraiment du mal à retranscrire mes émotions par des mots en ce moment. Allez écouter en priorité High tide it's inside, Coconut thunder, In the snow, le vraiment Fugazien Small signs big posts, These quantums leaps are killing me, Pale sunbather et ce putain d'Anachronous qui clotûre l'album; c'est tout ce que je peux rajouter.
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