Animal Trophies paraît bête, naîf, absurde, niais. Du bruit pour adolescents demeurés, des hymnes pour imbéciles juvéniles. Ben oui, c'est tellement printannier et innocent que prêter de l'attention à ce genre de musique, ce serait comme se remettre à boire un grand bol de lait frais tous les matins: impensable! Mais voilà, est arrivé un certain moment où l'on a baissé la garde et on s'est fait plaquer au sol par ces mélodies obsédantes; parce que pour cela, le jeune trio sait fatalement s'y prendre. Malédiction réussit à nous faire oublier pendant un temps que l'on n'a plus 20 ans, et que si on écoute de la musique sérieuse, c'est en fait pour épater les copains/copines. Le double chant masculin/féminin fonctionne à merveille; une petite réverbe, un petit overdrive pour l'effet garage, et puis de la nonchalance, de la douce insolence, sans cesse. Un artwork trop la classe au crayon de couleur, à la hauteur de l'idiotie qui se dégage de ce foutoir. Si vous êtes toujours inconsolable depuis que Jay Reatard a peu forcé sur la drogue, Animal Trophies devrait réussir à fixer dans votre coeur une once de réjouissance, et qui sait, peut-être vous faire rajouter du chocolat Poulain dans le bol de lait.
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lundi 4 juin 2012
jeudi 5 janvier 2012
12XU - Les grandes marées
J'en aurai mis du temps pour l'apprécier cet album. La dernière fois que j'ai vu 12XU en live, j'ai été déçu, les nouveaux titres m'avaient semblé linéaires; et transpirait cette impression du groupe qui a trouvé sa voie et qui s'en contente, sans aucune surprise ni appel d'air frais. Peut-être que ça sentait tout simplement la fin de tournée. Il m'aura fallu un paquet d'écoutes avant de me dire que tout même, ce premier effort à format long n'est pas si mal. La première écoute, attentive, n'avait pas été bien longue, l'ennui l'avait coupé net. Les suivantes, sans intention ni attente, et détachées, ont finalement bercé plusieurs heures et les mélodies se sont imposées. Quelque chose a un peu changé chez 12XU, la musique du trio se fait moins urgente. 12XU sonne un peu plus folk dans les accords de guitare, un petit côté Neil Young. Les grandes marées est une compilation de chansons toujours aussi classieuses, pour exemples Des rues mouillées, le titre éponyme, Prison dorée, Transparent, et surtout Faut pas mentir aux jeunes. Tout coule de naturel et de justesse et 12XU semble être capable de composer à la pelle des titres simples mais efficaces, au propos toujours aussi intelligents.
mercredi 29 juin 2011
La Crève / Les Objets Meurent - Les objets crèvent
Ha ba bravo, je me mets à faire des chroniques de mes propres groupes! On (La Crève) a sorti notre premier disque, un split avec Les Objets Meurent il y a peu. C'est la première demo des deux groupes, qui a été fabriquée de A à Z (enregistrement, pochette, pressage) du 20 au 22 mai. Je vais tout de même me contenter de critiquer Les Objets Meurent. Donc, Les Objets Meurent est un groupe d'emo de Grenoble. Après les avoir revu en concert il y a peu, je me suis rendu compte que le son de la demo ne jouait pas du tout en leur faveur : la voix est très loin derrière et la disto de la guitare sonne plus grunge qu'autre chose. Non, en fait, ce que je veux dire par là, c'est que d'une part la disto une fois enclenchée, les notes sont imperceptibles; de l'autre part, le son global sonne vraiment "grunge" alors que ce n'est pas du tout fidèle à leur son brut. En fait, je ne leur ai pas encore avoué, mais Les Objets Meurent est mon groupe grenoblois préféré. Les paroles sont vraiment bien, notamment le titre éponyme Les objets meurent sur le "punk" et ses contradictions, les comportements machos dans Le bal des pompiers, Joystick Division, le petit tube de l'album, sur la génération des années 80 et La guerre des mots sur la récupération des "idées alternatives", enfin c'est mon interprétation personnelle pour celle-ci. Pour plus d'infos, vous pouvez me contacter directement, et pour Les Objets Meurent: chivain(arobase)no-log(point)org
samedi 5 mars 2011
Rip It Up! - Demo 2011
Je vais d'abord m'arrêter sur l'artwork puisque c'est la première chose que l'on peut savourer dans cette démo du groupe grenoblois. Il y a un petit quelque chose des pochettes de Descendents (dessin minimaliste en noir sur blanc). Franchement, cela faisait un petit moment que je n'avais pas vu une pochette aussi classe, comme quoi deux coups de crayon sont bien plus efficaces que n'importe quel assortiment photoshop/typo complètement dégueu (le graphisme, c'est comme la mode, ce qui est « in » aujourd'hui est « has been » dans 3 mois). Parenthèse close. Rip it up! c'est donc du fast-punk rock avec un chant instinctif présentant ci et là quelques relents de Jello Biafra. Les thèmes des chansons (la résignation, les attitudes dans la scène punk, la spéculation immobilière,...) sont abordés de manière intelligente et rageuse. Huit chansons avec trois accords qui se courent après, ça dépasse rarement les deux minutes, du punk-rock à l'ancienne mais sincère et tout autant réjouissant. Mention spéciale pour Allumettes. Première démo et le meilleur à espérer pour la suite.
samedi 18 décembre 2010
Tubers - Anachronous
Tubers nous vient de Floride. Tubers est maintenant composé de quatre musiciens car un quatrième membre (Matt de Asshole Parade) les a rejoint pour jouer de la guitare et chanter. Pour situer un peu, il y a également des membres de Twelve Hour Turn dans Tubers. La musique de Tubers se situe quelque part en Fugazi et Drive Like Jehu et vous trouverez Tubers en France chez Echo Canyon, le label de Gwen et Julien (12XU, Bâton Rouge et ex-Daïtro), lesquels ont rencontré Tubers sur quelques dates de la tournée américaine de 12XU. Voilà pour ce qui est de la petite histoire. Anachronous est donc le quatrième album des ricains (après deux LP et un split avec Brainworms) et à y réfléchir aujourd'hui, je remercie Echo Canyon de les avoir rammener dans ses bagages, non que Tubers soit simplement un bon groupe dans la veine des groupes pré-cités, mais ce groupe là, et cet album là a quelque chose de grand. Bien sûr, on retrouve dans l'emo punk-rock de Tubers tout ce qui fait le charme du style, mais le quartet a également un grand talent pour composer d'excellentes chansons. Anachronous est un condensé de titres qui donnent le sourire, on aurait envie de les voir jouer dans son salon devant trois personnes et scander les paroles à en perdre la raison. Arf, je pourrai vous parler de chaque chanson, mais d'une j'ai la flemme d'en écrire plus et de deux j'ai vraiment du mal à retranscrire mes émotions par des mots en ce moment. Allez écouter en priorité High tide it's inside, Coconut thunder, In the snow, le vraiment Fugazien Small signs big posts, These quantums leaps are killing me, Pale sunbather et ce putain d'Anachronous qui clotûre l'album; c'est tout ce que je peux rajouter.
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