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samedi 29 novembre 2014

Pervers et truands



Et cela survient finalement. Tout s'écroule. On croyait à un moment de liesse. Comme un tour de manège. Un tour de manège où c'est toi qui choisis quand tu veux descendre. Mais la catastrophe a tout détruit. Rien n'a survécut. Du manège, il ne reste qu'un amas de détritus renfrognés. Et c'est une bande de freaks chimiquement modifiés qui repeuple ce qui était autrefois des paysages. Esthétique des ruines. Soit. Celle-là est particulièrement réussie. Il paraît que ça sort des ateliers de Ursa Minor à Saint-Etienne. Ça tombe vraiment bien puisque c'est de là que nous vient justement Pervers et truands. Un premier album après une triplette de demos sur CD-r. Pervers & Truands sont des gens ordinaires: c'est écrit sur ce vinyle et relevé déjà par une autre personne qui s'essaie également à ce genre d'exercice: aligner des mots, voir des phrases, pour parler d'un groupe de musique, d'un groupe D.I.Y., que l'on a vu à un concert, et pour dire un peu plus que parler simplement musique. De là à réussir (?) Pervers & Truands sont des gens ordinaires et c'est plutôt rassurant. Pervers et truands, c'est du sludge fait par des gens qui ne savent jouer que du punk. Ils ont bien essayé de nous le cacher mais certains éléments ne trompent pas. Un peu trop d'urgence ou de hargne. Il y a deux élément notables chez P&T. Ouais! Rien que ça! Les passages lourds. Et les passages rapides. Va pas falloir trop chercher à intellectualiser tout ça. Des mouvements de têtes lents et déterminés. Et des mouvements de têtes rapides et satisfaits. Et c'est tout ce qu'on leur demande. Suffit de choisir la bonne manière de faire ça.10 titres du même acabit. Un petit bémol sur Spooky Song, l'interlude calme et déprimé qui sent juste la fatigue. Bon disque.

mardi 12 avril 2011

La Seconda Volta - Orange and blue



La Seconda Volta pourrait nous venir de Washington DC et être signé sur Dischord, tant la promiscuité musicale avec des groupes comme Lungfish et surtout Fugazi est flagrante. Mais La Seconda Volta ne vient pas de Washington. La Seconda Volta vient de Saint-Etienne. Saint-Etienne n'est peut-être pas Washington DC mais Saint-Etienne a elle aussi un passé punk-rock prestigieux depuis les nineties avec des groupes comme Sixpack. Et La Seconda Volta est clairement ancré dans cette tradition. Soft power, leur premier album sorti en 2009, proposait neuf titres dont quelques uns  possédant ce fameux potentiel de la mélodie obsédante, notamment Who's gonna save the boys, Noone cares at all ou Find a way to justice. Sans que ceci eu été un réel problème, Soft power souffrait d'une trop faible qualité sonore: pour Orange and blue c'est chose réglée. On pourrait croire que La Seconda Volta se soit détaché un peu, entre temps, de ses influences mais il n'en est rien. Le spectre de Fugazi rôde même de plus en plus au-dessus du groupe, le timbre du chanteur se rapprochant par moments de celui de Ian MacKaye de manière troublante. Orange and blue ne contient que quatre titres mais vaut largement leur premier effort. Le petit bémol c'est que Orange and blue est enregistré sur CD-R et je ne sais pas si tous les exemplaires sont comme celui que me suis procuré à l'un de leurs concerts, mais la particularité de mon exemplaire est que chaque piste est doublée et que certains des doublons se coupent de manière étrange. De plus, je ne suis pas sûr que les titres soient dans le bon ordre, vous voudrez donc bien m'excuser pour d'éventuelles erreurs d'attribution. A threat to escape se construit sur une simplicité percutante. Des riffs en note à note, un groove certain et un refrain où se complètent voix masculine et voix féminine (celle de la guitariste) pour un résultat poignant. My fat ass (clin d'oeil à Shellac?) est beaucoup plus contrastée et énergique. No words reprends à l'identique l'intro de batterie de Around the fur de Deftones et l'outro, avec ce "He got no words" répété inlassablement, tend à la langueur. On regrette en revanche que le chant et les accords de guitare du refrain sonnent si faux sur Sleep so tight. Hormis ce dernier titre qui aurait mérité une intention au niveau du chant peut-être moins ambitieuse, Orange and blue contient les meilleures chansons à ce jour des stéphanois, A threat to escape et No words étant particulièrement classieuses.