Et cela survient finalement. Tout s'écroule. On
croyait à un moment de liesse. Comme un tour de manège. Un tour de
manège où c'est toi qui choisis quand tu veux descendre. Mais la
catastrophe a tout détruit. Rien n'a survécut. Du manège, il ne
reste qu'un amas de détritus renfrognés. Et c'est une bande de
freaks chimiquement modifiés qui repeuple ce qui était autrefois
des paysages. Esthétique des ruines. Soit. Celle-là est
particulièrement réussie. Il paraît que ça sort des ateliers de
Ursa Minor à Saint-Etienne. Ça tombe vraiment bien puisque c'est de
là que nous vient justement Pervers et truands. Un premier album
après une triplette de demos sur CD-r. Pervers & Truands sont
des gens ordinaires: c'est écrit sur ce vinyle et relevé déjà par
une autre personne qui s'essaie également à ce genre d'exercice:
aligner des mots, voir des phrases, pour parler d'un groupe de
musique, d'un groupe D.I.Y., que l'on a vu à un concert, et pour
dire un peu plus que parler simplement musique. De là à réussir
(?) Pervers & Truands sont des gens ordinaires et c'est plutôt
rassurant. Pervers et truands, c'est du sludge fait par des gens qui
ne savent jouer que du punk. Ils ont bien essayé de nous le cacher
mais certains éléments ne trompent pas. Un peu trop d'urgence ou de
hargne. Il y a deux élément notables chez P&T. Ouais! Rien que
ça! Les passages lourds. Et les passages rapides. Va pas falloir
trop chercher à intellectualiser tout ça. Des mouvements de têtes
lents et déterminés. Et des mouvements de têtes rapides et
satisfaits. Et c'est tout ce qu'on leur demande. Suffit de choisir la
bonne manière de faire ça.10 titres du même acabit. Un petit bémol
sur Spooky Song, l'interlude calme et déprimé qui sent juste la
fatigue. Bon disque.
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samedi 29 novembre 2014
mardi 11 mars 2014
Frustros - A l'attaque du rien
Il m'en aura fallu du
temps pour me laisser séduire par Frustros. Il faut dire que le
quatuor n'a rien de très excitant et ne cherche pas à écrire des
tubes (merde, j'espère que je ne me plante pas...), même pas pour
faire chanter ses potes. Avec Frustros, la vitesse de croisière est
enclenchée, on ne s'arrête jamais pour prendre un petit café sur
une aire de repos, mais on n’appuie pas non plus sur
l'accélérateur. Le fondamental en ce qui concerne le sens de la
mélodie chez Frustros, c'est la dissonance. Pour le chant, c'est un
peu la même chose: "c'est bon, ça passe". Les paroles
forcent et se bousculent au bout de la langue, en tentant de s'évader
au moment propice. Et voilà ce qui est agréable, c'est que Frustros
ne caresse personne dans le sens du poil, ne cherche ni à plaire, ni
à déplaire, même pas à faire les choses bien. Pourtant, au détour
d'une écoute approximative, du genre bande-sonore en sourdine
pour couvrir ce silence affreux pendant la lecture d'un livre
évidemment passionnant, on se surprend à siffloter un petit air
ou à mâchouiller quelques mots par mimétisme. Mais peut-être est-ce
seulement un effet secondaire de la répétition? Perso, le premier
indice, c'était avec "et POURquoi,... juste pour être payé"
sur Avant de crever suivi quelques temps après de "pourtant,...
quand on se verra" sur Pas si libres suivi de... Mais c'est
sûrement cela, une effet secondaire... Il y aura bien toujours
quelques nerds pour dire que Frustros c'est trop cool, mais pour
vraiment apprécier Frustros, il faut n'en avoir rien à cirer.
vendredi 30 novembre 2012
V/A - Sous sol
Une compilation
regroupant une bonne partie de la "scène punk/DIY" de
Grenoble est sortie en octobre, pour l'occasion du "festival des
groupes du local de répé du 102" qui avait donc lieu au 102.
19 titres pour la version cassette et 20 pour la version CD et tout
autant de groupes. Que dire que dire, lorsque l'on a soit même
participé au projet? Je crois que je vais rester formel, au risque
de me contenter de constater l'existence de cette compile... Alors,
au programme donc, majoritairement du punk (Gethen, Chicken's Call,
Let Me Die Alone, Contre Nature), sans guitare mais avec synthé
(Taulard), avec un goût pour la cold wave (Alarm) ou pour l'electro
(Petraschelm), plus ou moins crustouille (Plaine Crasse, Death Reign)
ou tendant vers l'emo: un peu (La Crève) ou carrément (Les Objets
Meurent). Le reste est assez éclectique, on retrouve le rap de
L'oiseau Mort, un projet solo electro (VHS) et un autre noise
(Richarles Bronson), du folk ricain (Mr Martin) et de la chanson
acoustique (Flo Mekouyansky), du surf (Les Profs de Skids, Bojie Moi
Orchestra), du post-hardcore/metal (Neiron) et du noise rock/punk
sans guitare mais avec violon (Ze Revengers). Bon, mais quand même,
il y a bien le titre "Fuir" de Taulard que j'aime
particulièrement, puis la classe des Revengers, Les Objets Meurent
que l'on savoure nostalgiquement et enfin La Crève, mais là c'est
un peu tricher.
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